Berce du Caucase : contrôler sa prolifération afin de limiter les risques pour la santé humaine et l’environnement

Heracleum mantegazzianum, Berce du Caucase, photo Fotolia / PIXATERRA

Berce du Caucase : contrôler sa prolifération afin de limiter les risques pour la santé humaine et l’environnement

Heracleum mantegazzianum, Berce du Caucase, photo Fotolia / PIXATERRA

Placée sur la liste des espèces invasives préoccupantes par l’Union européenne, la berce du Caucase présente à la fois des risques pour la flore des milieux qu’elle colonise, mais également des risques pour la santé humaine. Face à ce constat, l’Anses a été saisie afin de synthétiser les connaissances sur cette plante et émettre des recommandations de gestion du risque. À l’issue des travaux d’expertise, l’Agence recommande la mise en place d’un système de surveillance et le recours aux méthodes de lutte disponibles pour éradiquer les populations dans les zones jugées prioritaires.

Introduite en France comme espèce ornementale à la fin du XIXème siècle, la berce du Caucase a progressivement colonisé certains milieux au détriment de la flore locale. Plante de la famille de la carotte (Apiacées), elle peut atteindre jusqu’à 4 mètres de haut et sa sève peut provoquer des brûlures de la peau (phyto-dermatites). Face à ces risques pour l’environnement et la santé humaine, la Commission européenne a inscrit la berce du Caucase sur la liste des espèces préoccupantes visées par le règlement n° 1143/2014 de l’UE relatif à la prévention et à la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes. Dans ce contexte, l’Anses a été saisie par le ministère des Solidarités et de la Santé et le ministère de la Transition écologique et solidaire afin de synthétiser les connaissances sur cette espèce au regard de la situation française, tout en fournissant des recommandations de gestion sur le territoire national.

Dissémination en direction du Sud-Ouest de la France

De nouvelles introductions de la berce du Caucase depuis son aire d’origine (le Caucase) sont peu probables, mais les populations existantes en France ou dans les pays limitrophes constituent des sources notables de dissémination.
L’espèce envahit des milieux perturbés par l’homme (bords de routes, prairies abandonnées), ainsi que les bords de rivières, d’où elle peut aisément se disséminer grâce aux activités humaines (transport de terre, échanges de graines entre personnes, transport le long de voies de communications, etc.).
Actuellement présente dans un large quart nord-est de la France (en particulier dans les Hauts-de-France) et dans les Alpes, la berce du Caucase progresse régulièrement vers le sud-ouest, où les conditions climatiques sont particulièrement propices à son établissement et à l’augmentation de sa densité.

Limiter les risques pour la santé et l’environnement

Même si les cas semblent peu fréquents en France, la berce du Caucase peut induire des brûlures (phytodermatites) causées par le contact avec sa sève. Cette plante présente également des impacts locaux importants sur la flore des berges de rivières, des prairies et des lisières forestières. Face à ces risques, l’Anses recommande :

  • La mise en place d’un système national de surveillance de la berce du Caucase, afin qu’une mise à jour régulière de son expansion et du zonage de risque soit réalisée ;
  • Que les méthodes de lutte disponibles soient utilisées pour éradiquer les populations jugées prioritaires (exposition de populations humaines, zone favorable et faiblement envahie) ;
  • Que, dans les cas où l’éradication ne serait pas envisageable, le contrôle de la berce du Caucase ait pour objectif de contenir ou d’affaiblir les populations en épuisant la banque de graines du sol tout en empêchant la fructification des plantes.

Cliquer pour consulter l’avis et le rapport.

Alain Delavie

Agronome de formation et jardinier passionné depuis sa plus tendre enfance, collectionneur de plantes, Alain Delavie a exercé différents métiers toujours en étroite relation avec le monde végétal et le jardin, en commençant par celui de pépiniériste collectionneur avant de devenir journaliste et auteur spécialisé dans le jardinage. Il est aujourd'hui directeur des rédactions de Rustica (hebdomadaire Rustica, trimestriels Rustica Pratique et Rustica Les Essentiels).

Cet article a 2 commentaires

  1. Clément

    Il faut tuer tout, passer du glyphosate partout, ne laisser venir que les roses et les pétunias, préparer une bombe atomique bio, jardiner au fusil.
    Bravo.
    Gilles CLément

  2. jpp

    Voilà qui va faire plaisir à Gilles Clément ! Ce genre de mesures est ridicule (“rares cas de brûlures “et fera sans doute bien rire nos descendants). Heureusement les vrais scientifiques ne sont pas dupes de cette mode anti invasives à la fois reflet du snobisme et des peurs irrationnelles de notre époque (pendant ce temps là le glyphosate court toujours). Laissons tomber ces bêtises et lisons “Penser et agir avec la nature” de Catherine et Raphaël Larère.

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