Soigner l’azalée des fleuristes en hiver

Soigner l’azalée des fleuristes en hiver

Azalée des fleuristes, jardinerie Truffaut, Paris 13e (75)

Plante cadeau souvent offerte pendant les fêtes de fin d’année, l’azalée des fleuristes est une belle plante d’intérieur relativement exigeante qui supporte mal les intérieurs surchauffés, les arrosages avec une eau trop calcaire et le manque de lumière.

Pour conserver la belle potée longtemps fleurie, sans voir les boutons se flétrir les uns après les autres, il faut d’abord lui trouver l’emplacement qui lui convient dans l’appartement ou la maison. En effet, pas question de la laisser dehors pendant l’hiver, car cet arbuste ne supporte pas les gelées qui peuvent arriver d’un jour à l’autre. À l’intérieur, il faut lui trouver une pièce fraiche, la moins chauffée possible (entre 12 et 16 °C) en évitant la proximité d’un radiateur, d’une cheminée, d’un four et toutes les pièces où il fait plus de 18 °C. Quand la chaleur est trop élevée, l’azalée devient très sensible aux attaques d’araignées rouges qui prolifèrent d’autant plus que l’atmosphère est sèche ce qui est presque toujours le cas quand on chauffe beaucoup. En cas de forte attaque, le feuillage finit par tomber et la plante peut dépérir.Installez votre potée à proximité d’une fenêtre, mais à l’abri des rayons directs du soleil. La plante a besoin de beaucoup de lumière pendant la mauvaise saison. Évitez aussi les zones de courants d’air (proximité avec une porte souvent ouverte par exemple).

Dans un intérieur un peu trop chaud pour le bien-être de cette plante fleurie, il faut installer la potée sur un grand plateau rempli de billes d’argiles et d’eau, le liquide ne devant pas toucher la base du pot. Ce procédé permet d’augmenter l’hygrométrie autour de la plante et évite des aspersions avec de l’eau douce qui abiment les fleurs.

L’arrosage est une opération souvent problématique. Le pot de l’azalée est peu volumineux, le substrat se dessèche vite et se réhumidifie ensuite difficilement. Il faudrait maintenir le sol toujours frais, sans jamais noyer la plante, ni la laisser se dessécher. Attention, si vous ne surveillez pas l’état du substrat, vous risquez de vous apercevoir que votre azalée crève de soif bien trop tard. Quand l’eau manque, son feuillage devient plus terne dans un premier temps, puis les feuilles s’affaissent. Mais à ce stade, c’est trop tard, vous aurez du mal à récupérer la plante qui va perdre des feuilles et devenir moins belle. Faites tremper le pot dans un seau d’eau une fois par semaine et laissez le tant que des bulles s’échappent. Laissez ensuite la potée s’égoutter avant de la réinstaller dans sa soucoupe ou son cache-pot. Attention, l’eau d’arrosage ne doit pas être calcaire et elle doit être à température de la pièce.

Tant que la plante est fleurie, il n’est pas question de la rempoter, mais vous pouvez lui donner un engrais pour plantes fleuries. Les engrais pour hortensias et autres plantes de terre de bruyère sont recommandés.

Dernier geste utile, le nettoyage des fleurs au fur et à mesure qu’elles fanent. Celles-ci prennent une couleur marron pas très jolie et elles ne tombent pas toutes seules. Il faut donc les enlever régulièrement pour garder un bel aspect à la potée fleurie.

Alain Delavie

Agronome de formation et jardinier passionné depuis sa plus tendre enfance, collectionneur de plantes, Alain Delavie a exercé différents métiers toujours en étroite relation avec le monde végétal et le jardin, en commençant par celui de pépiniériste collectionneur avant de devenir journaliste et auteur spécialisé dans le jardinage. Il est aujourd'hui directeur des rédactions de Rustica (hebdomadaire Rustica, trimestriels Rustica Pratique et Rustica Les Essentiels).

Cet article a 2 commentaires

  1. jpp

    “Pourvu qu’elle tienne jusqu’à la caisse”, telle est la philosophie du vendeur.
    Cette mentalité du jetable n’est pas toujours comprise ni acceptée par les acheteurs.
    Au jardin Saint-Serge, on nous apporte de nombreuses azalées desséchées et donc irrécupérables.
    Ces rhododendrons (R.indicum) ne poussent évidemment pas dans la nature sur des substrats caoutchouteux qui une fois desséchés ne se réhumidifient pas. Avec leurs racines courtes et dépourvues de poils , ils régulent difficilement leur nourriture en eau :ils périssent aussi bien d’une courte absence d’eau que d’un excès d’eau. Au jardin, il faut les pailler.
    (Le substrat est donc responsable d’une partie du problème mais le vendeur, ainsi que j’ai pu l’entendre dans la grande salle de la SNHF, considère que la faute est toujours du côté de l’incompétence de son client).

    En outre le guide Clause indique que les azalées forcées vendues dans la période d’Octobre à Janvier sont difficilement récupérables.
    Mais le fait qu’on nous les apporte indique bien que l’acheteur aimerait mieux,lui, ne pas avoir affaire à du jetable et croit parfois naïvement qu’on le respecte.

  2. nanou

    et bien pour une fois je vais être ronchon : je ne comprends
    que les horticulteurs s’obstinent à cultiver une plante si difficile d’entretien. Quelle tristesse de voir après les fêtes
    ces jolies plantes jetées à la poubelle . il y a quantité d’autres jolies plantes plus faciles

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