La prêle, peste et panacée

Prêle des champs (Equisetum arvense)
Prêle des champs (Equisetum arvense), photo Alain Delavie

Dans un jardin, la prêle est une mauvaise herbe particulièrement difficile à éliminer et à éradiquer. Mais c’est aussi une plante aux vertus reconnues qui permet de faire des décoctions et des extraits fermentés très utiles pour dynamiser les plantes du jardin et prévenir les maladies cryptogamiques.

Prêle des champs (Equisetum arvense)
Prêle des champs (Equisetum arvense), photo Alain Delavie
Prêle des champs (Equisetum arvense)
Prêle des champs (Equisetum arvense), photo Alain Delavie

Cette plante vivace a vite fait de coloniser l’espace quand elle s’installe dans un jardin. Le moindre fragment de racine redonne une nouvelle plante. C’est la raison pour laquelle les terrains retournés avec une fraise ou une motobineuse sont plus vite envahis. Et les paillis ne ralentissent guère l’ardeur de cette adventice robuste comme le montrent mes photos prises dans un massif de rosiers.

Prêle des champs (Equisetum arvense)
Prêle des champs (Equisetum arvense), photo Alain Delavie

Je vous avouerai que je trouve cette plante issue de la préhistoire d’une grande élégance. Son feuillage en plumet est très original et quand on découvre un tapis de cette prêle, l’effet est très joli. Bien sûr, je vous entends déjà crier que lorsqu’elle pousse au milieu des radis, des rosiers ou de la bordure d’oeillets au point d’étouffer ces derniers, plus rien ne va. Certes !

Prêle des champs (Equisetum arvense)
Prêle des champs (Equisetum arvense), photo Alain Delavie
Prêle des champs (Equisetum arvense)
Prêle des champs (Equisetum arvense), photo Alain Delavie

Oubliez les désherbants, cette plante fossile montre une résistance hors normes. La patience, l’arrachage pied par pied, en prenant soin d’extraire le plus possible de racines sans trop les casser, c’est la seule solution. et puis cela permet de recueillir précieusement les pousses de cette sauvageonne qu’il faut absolument utiliser en réalisant une décoction ou un extrait fermenté.

Prêle des champs (Equisetum arvense)
Prêle des champs (Equisetum arvense), photo Alain Delavie

Faites sécher les feuilles dans un premier temps à l’abri du soleil dans un endroit bien aéré. La cueillette ne se fait jamais au printemps quand la prêle donne des pousses fertiles qui assurent sa multiplication. On ne prélève que les pousses stériles (en photos).

Pour la décoction, il faut ensuite prendre 500 grammes de feuilles sèches mises à bouillir dans 5 litres d’eau chaude pendant une heure. Cette décoction s’utilise rapidement, en la diluant à 20 %. Elle permet de lutter préventivement contre la moniliose, la tavelure, la rouille et la cloque du pêcher.

L’extrait fermenté est réalisé avec 200 grammes de feuilles sèches de prêle des champs que l’on laisse tremper dans 10 litres d’eau douce non calcaire. L’extrait est employé dilué à 5% en pulvérisation pour repousser les araignées rouges et les vers des poireaux.

Alain Delavie

Agronome de formation et jardinier passionné depuis sa plus tendre enfance, collectionneur de plantes, Alain Delavie a exercé différents métiers toujours en étroite relation avec le monde végétal et le jardin, en commençant par celui de pépiniériste collectionneur avant de devenir journaliste et auteur spécialisé dans le jardinage. Il est aujourd'hui directeur des rédactions de Rustica (hebdomadaire Rustica, trimestriels Rustica Pratique et Rustica Les Essentiels).

Cet article a 4 commentaires

  1. astrid

    bonjour, depuis que j’ai mis des écorces de pin dans une grande plate bande , j’ai de la prêle qui pousse , en veux tu ? en voilà! j’ai beau l’arracher ;les commentaires datent de qq années mais qui sait , si vous en cherchez encore pour vos maux , je vous propose de venir chez moi j’habite à 60km de Paris …. dans le milieu de ma plate bande j’en ai tellement on dirait que j’ai de la pelouse… je sais plus quoi faire pour m’en débarrasser

  2. Eric

    Bonjour,
    Je souhaiterais savoir où est ce qu’on trouve exactement cette prêle de champs que je cherche pour ses effets contre l’arthrose, je vis à Paris, et si vous me dites où est le lieu exact de vos photos je vous en serais grandement reconnaissant! merci!

  3. laurent

    Ah, ces envahisseuses. Je n’en ai pas vu dans le coin, mais entre la renouée du Japon et le liseron, il y a déjà fort à faire pour les jardiniers publics, qui ne suivent pas. Le liseron démarre très tard, mais en un mois, il a déjà totalement recouvert la presque totalité des arbustes du square. ;-(

  4. jpp

    Je n’arrive pas à faire pousser dans mon jardin (argilocalcaire) la variété petite prêle. Sans espoir ?

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