Les arbres taillés en nuages sont de plus en plus fréquents, même si les beaux sujets sont vendus très chers et restent peu abordables. Le jardin à l’anglaise qui jouxte le palais de Chaillot (Paris 16e) en comporte quelques exemplaires installés en pleine terre.

Les Jardins du Trocadéro sont remarquables pour leur célèbre fontaine de Varsovie (1937). Une série de bassins en cascade domine un grand bassin dont les 20 canons à eaux rejettent 8 240m3 d’eau par heure et forment cinquante-six gerbes qui finissent leur course dans huit escaliers d’eau. Les grandes eaux du bassin central sont mises en valeur par un jeu de lumière qui anime le soir les statues à tête de taureau et de chevaux dorées. Les jardins sont ponctués d’une multitude de sculptures, dont certaines datent des années 1930, comme l'” Homme ” de Traverse et la ” Femme ” de Bacqué, qui surplombent les bassins.
Deux jardins à l’anglaise se déploient de part et d’autre du Palais de Chaillot. Une petite rivière artificielle suit leur dessin chaotique et croise au détour de sa course, hêtres, marronniers, tilleuls, ainsi qu’un chêne rouge, un chêne pédonculé, un noisetier de Byzance et des ifs taillés en nuages… Un ptérocarya (Pterocarya fraxinifolia) planté en 1891 atteint 28m de haut et 6,30m de circonférence. Cette végétation foisonnante se heurte en contrebas à une rangée disciplinée de paulownias, qui marquent l’entrée dans l’univers minéral et aquatique des fontaines de Varsovie. Une lucarne de l’Hôtel de Ville du 16e siècle et une partie de la façade du Palais des Tuileries ont été installées dans ces jardins.

Trois ifs (Taxus baccata) y sont plantés. Des arbres taillés à la japonaise, des niwaki.

Niwaki est un terme japonais qui désigne un arbre ou un arbuste de jardin transformé par la main de l’homme en une forme ” juste “, autrement dit façonnée, construite, taillée et conduite afin d’exprimer la pureté brute de la nature ramenée, par l’épure, à son essence. C’est un art ancestral, guidé par la recherche de l’asymétrie, de la simplicité, du détachement et de la sérénité. Nourri par ses observations, ses souvenirs, ses émotions et une tradition culturelle plurimillénaire, le jardinier japonais met en œuvre saison après saison, année après année, des soins incessants qui donneront à l’arbre les caractéristiques – troncs tordus, branches étendues, frondaisons arrondies – qui expriment le mieux, selon lui, la quintessence de l’arbre.

La taille en nuage donne une végétation tabulaire, avec une mise en forme de dômes qui composent un paysage.

Pour obtenir ces coussins denses et bien étoffés, il faut de nombreuses années et de multiples séances de taille.
Si vous voulez en savoir davantage sur la taille à la japonaise et l’art du niwaki, voici quelques ouvrages à consulter :
Si vous rencontrez la bibliothécaire : elle jardine aussi au jardin St-S !
Je l’ai déjà visitée, mais j’y retournerai, aux beaux jours pour mieux profiter du jardin.
J’adore ça, la taille en nuages.
Alain, c’est quoi les arbres de la photo du haut du livre ‘Niwaki’ ? Ce sont de vrais merveilles.
Alain, encore un petit effort. La maison de Balzac est tout près !
J’aime beaucoup cette partie des jardins du Trocadéro, surtout le petit”sentier des douaniers” en haut dans la “montagne”. Et les vraies “fausses ruines” .Quel âge peuvent avoir ces ifs avec leurs énormes troncs ? Je vais regarder “mes” ifs différemment désormais, le sécateur à la main. (mais en n’oubliant jamais qu’il ne faut pas attacher mon cheval à un if). Je ne sais pas s’ils vont aimer aller chez le coiffeur.