Que faire de toutes les feuilles mortes ?

Que faire de toutes les feuilles mortes ?

En quelques semaines, les feuilles des arbres sont tombées en masse, recouvrant par endroit les pelouses, les parterres ou les allées. Le plus gros de la chute est maintenant tombée, les opérations de nettoyage peuvent commencer avec plus d’efficacité. Mais à certains endroits, il est préférable de les laisser.

Feuilles mortes dans jardin parisien
Épais tapis de feuilles mortes dans le Jardin du Luxembourg, Paris 6e (75), novembre 2010, photo Alain Delavie

Les feuilles mortes se ramassent sur la pelouse qui a besoin de recevoir toute la lumière des jours plus courts pour continuer à pousser.
De même, les feuilles tombées dans un bassin doivent être enlevées le plus rapidement possible, car en pourrissant elles polluent l’eau et l’acidifient trop.
Dans les allées, les escaliers et sur les terrasses rez-de-jardin, un nettoyage s’impose pour ne pas glisser par temps de pluie.
Il faut aussi penser à inspecter les gouttières qui pourraient être bouchées par des amas de feuilles lorsqu’un arbre frôle de trop près le toit d’une bâtisse.
Les massifs de fleurs bisannuelles (pensées, giroflées, myosotis et pâquerettes) sont parfois recouverts d’un épais manteau, qui peut provoquer un étiolement et la pourriture des plantes encore jeunes, surtout si le temps est humide. Il faut donc dégager les plantes, mais quelques feuilles peuvent rester entre elles sur le sol qui n’a pas besoin d’être à nu pendant la mauvaise saison.

Par contre, toutes les feuilles tombées au pied d’arbustes, d’arbres, de haies, entre les pieds de plantes vivaces et sur les planches vides d’un potager ne doivent pas être enlevées. Elles forment un paillis protecteur pour le sol et la microfaune qui y vit et qui se chargera de décomposer le tapis superficiel petit à petit pendant la mauvaise saison. En hiver, un grand nombre de petits animaux aiment s’abriter sous des feuilles mortes qui offrent un refuge pour la biodiversité.

Quant aux feuilles ramassées, on ne les jette surtout pas ! Ces feuilles mortes sont précieuses et doivent être recyclées.
Quand on peut les entreposer dans un silo en grillage pour les faire sécher, elles sont stockées en fin d’automne pour servir chaque fois que vous ajouterez des déchets verts au tas de compost l’année suivante. Les feuilles mortes sèches sont assimilées à des déchets bruns, plus riches en carbone.
Les feuilles mortes séchées servent de paillis protecteur autour et sur les plantes frileuses laissées en pleine terre dans le jardin.
Vous pouvez aussi les entasser pour qu’elles se décomposent et forment en quelques mois un terreau d’excellente qualité, qui sera utilisé ensuite dans le jardin.

Bref, les provisions de feuilles mortes, c’est maintenant ou jamais !

Alain Delavie

Agronome de formation et jardinier passionné depuis sa plus tendre enfance, collectionneur de plantes, Alain Delavie a exercé différents métiers toujours en étroite relation avec le monde végétal et le jardin, en commençant par celui de pépiniériste collectionneur avant de devenir journaliste et auteur spécialisé dans le jardinage. Il est aujourd'hui directeur des rédactions de Rustica (hebdomadaire Rustica, trimestriels Rustica Pratique et Rustica Les Essentiels).

Cet article a 4 commentaires

  1. Laurent

    Anne, je pense que les grands sacs plastiques servent juste pour l’enlèvement. Ensuite, elles sont compostées. Pas très écologique de passer par cette étape, mais souvent plus pratique pour les jardiniers des villes.

    Bien, cette idée de les stocker. En général, je les étale sur les massifs de vivaces, qu’elles couvrent, où elles protègent les plus frileuses, et où elles se décomposent pendant l’hiver. Mais c’est vrai qu’en saison chaude, les déchets bruns manquent pour alterner avec le vert (et notamment avec les tontes de pelouses, toujours difficile à gérer quand on n’a pas une tondeuse-mulcheuse). Bonne idée, donc!

  2. jpp

    A St-Serge,nous avons un gros excédent de feuilles. Outre les usages exposés ici, nous mettons cet excédent en tas (humidifié à la manière d’un compost) de manière à obtenir un terreau de feuilles (amendements, protection, rempotage). Nous en obtenons environ 2 m3 par an.
    Les feuilles de marronnier posent problème (mineuse). Idéalement, il faut brûler les dernières à tomber (Octobre) où le parasite hiberne.

  3. Anne

    oui c’est bien de le rappeler !
    en passant ds les rues de ma ville avec maisons bordées de jardins , je vois assez souvent en ce moment des gds sacs- plastique bourrés de feuilles mortes mis sur le trottoir pour être enlevés
    et je me dis , quel dommage de ne pas les répandre sur les plates bandes !

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