Après les frisées, les primevères géantes…

Après les frisées, les primevères géantes…

C’est la pleine saison des fleurs bisannuelles (pensées, violas, pâquerettes et autres) et des primevères, proposées en godets ou petites potées fleuries dans les points de vente de jardinage. Mais les nouvelles variétés de primevères des jardins sont devenues énormes !

Fleurs printanières
Barquettes de primevères acaules hybrides, mars 2010, photo Alain Delavie

Oubliées la gracile fleurette des champs qui nous réjouit lors des balades printanières dans les chemins et dans la campagne… Les primevères qui nous sont aujourd’hui proposées à la vente ont des fleurs démesurées et souvent des couleurs clinquantes.

Fleurs vivaces printanières
Barquette de primevères acaules hybrides bleu vif, mars 2010, photo Alain Delavie

Avec ça, on peut avoir du temps gris, c’est un feu d’artifice sur le rebord de la fenêtre, le balcon ou la terrasse. Bordures en kaléïdoscope !

Fleur vivace printanière
Primevère coucou (hybride de Primula veris), mars 2010, photo Alain Delavie

Même la primevère coucou (Primula veris) est devenue au fil des hybridations une énorme plante aux larges feuilles et lourdes ombelles de grandes fleurs. Plus de problème pour les repérer de loin dans les points de vente de jardinage !

Le cocktail hybridation, culture sous serre et gavage à l’engrais donne des résultats… Bling-bling !

Alain Delavie

Agronome de formation et jardinier passionné depuis sa plus tendre enfance, collectionneur de plantes, Alain Delavie a exercé différents métiers toujours en étroite relation avec le monde végétal et le jardin, en commençant par celui de pépiniériste collectionneur avant de devenir journaliste et auteur spécialisé dans le jardinage. Il est aujourd'hui directeur des rédactions de Rustica (hebdomadaire Rustica, trimestriels Rustica Pratique et Rustica Les Essentiels).

Cet article a 4 commentaires

  1. Laurent

    Bah, l’homme a toujours joué avec le vivant. Que ferions-nous sans des pommes de bonne taille, du maïs ou même le blé? Avant la génétique appliquée, on a obtenu des roses remontantes (une aberration, tout de même). L’homme a toujours cherché à contrôler son milieu, avec des outils de plus en plus puissants. Et tout cela n’empêchera jamais que des surprises apparaissent fortuitement.

    Mais non, pas de risque qu’elles retournent à la forme sauvage. Quant à l’hérédité, ce n’est pas l’influence du milieu. Les deux interfèrent et c’est bien ainsi. Quant au respect du vivant, c’est autre chose, et c’est vrai que la plupart des gens ont moins de scrupules envers “ces choses qui ne crient pas” qu’envers les animaux. ;-(

    Ceci dit, pour ma part, je ne suis pas fan. Je préfère de loin le “coucou” des bois que ces “créatures hormonées”…

    Par contre, vu récemment des jolies primevères finement bordées de blanc: d’une délicatesse opposée à ceci.

  2. Kristin

    disons qu’elles font plaisir après ce long hiver tant elles sont colorées!! et cela manquait mais les sauvages ont un autre charme…

  3. jpp

    A quoi riment ces plante kleenex, aussi vite créées qu’oubliées ? As-t-on le droit de jouer ainsi avec le vivant ?Il s’agit d’exciter la curiosité de l’acheteur comme avec n’importe quel gadget. La plante finira la plupart du temps dans la poubelle. S’agissant de primevères, oubliées dans le jardin, elles dégénèrent, c’est à dire reprennent heureusement leur forme et leur couleur naturelle.
    Dans le même temps,les savants qui, avec a découverte de l’ADN, avaient cru comprendre définitivement le vivant, s’aperçoivent qu’il ont ouvert plus de nouvelles questions que solutionné de problèmes. L’hérédité, c’est l’ADN ET..tout ce qu’il y autour, dans la cellule et au-delà, dans l’environnement. Le hasard, et non la nécessite, jouent le plus grand rôle là-dedans.
    Puisse une science redevenue modeste, nous rendre un peu modestes.
    Comme le Père Clément, qui dans son orphelinat d’Algérie, vit surgir un jour dans son jardin,sans l’avoir voulu, la clémentine issue du croisement improbable d’une mandarine et d’une orange.

  4. berthille

    Et bien moi, les géantes, les frisottés, les criardes, ce n’est pas ma tasse de thé. Je préfère les fleurettes mi-sauvages qui se ressèment à l’envi dans le jardin.

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